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lundi 26 juillet 2021

LA DIVERSITÉ MALHEUREUSE

 


 LA VIE DE LA CONSCIENCE

La liberté '' ça se construit '', pour y parvenir il n’est nullement nécessaire de se soumettre à la '' spiritualité *1 religieuse '' mais plus sûrement en s’imprégnant des modalités de questionnements que propose la spiritualité athée '' ou la pensée critique et féministe des cultures de l’approbation ( dont les monothéismes ).

*1 - La spiritualité, c'est la vie de la conscience.

CRAB


Publié le 24 juillet 2021 par FRONTPOPULAIRE

La diversité à l’opéra, obsession d’une époque                  OPINION.                                                                                      Comme tant d’autres domaines artistiques, l’opéra n’est pas épargné par les velléités diversitaires actuelles. Une tendance qui traduit davantage l’obsession chromatique de notre époque qu’une réelle réflexion intellectuelle ou artistique. Après plus de douze ans passés dans une compagnie canadienne, le nouveau directeur de l’Opéra national de Paris, Alexander Neef, avait clairement indiqué sa volonté d’en faire « un opéra sans frontière, inclusif et engagé ». Profitant de l’arrêt de l’activité pendant la pandémie, une étude fut menée pour enquêter sur le racisme au sein de la maison. Les rapporteurs, Constance Rivière, la Secrétaire générale de la Défenseure des droits, et l’historien Pap Ndiaye ont livré en janvier dernier leurs conclusions, après avoir passé en revue les comportements envers les employés, les traditions de mise en scène, les termes utilisés dans les œuvres, pour traquer les discriminations contraires au respect de la diversité.

Une époque face à l’universel

Dans la perspective de lutter contre le racisme dont certaines œuvres seraient le reflet, les deux rapporteurs suggèrent de les « contextualiser ». Ainsi, la représentation d’un opéra du XIXe siècle qui s’appuie sur une conception du monde différente de la nôtre n’est tolérée que si l’on prend la peine d’expliquer le contexte : « concernant les œuvres du répertoire, si toutes peuvent être jouées, certaines ne peuvent sans doute plus l’être sans qu’un travail d’analyse et d’échanges ne les précède et ne les accompagnent ». Les rapporteurs préconisent des temps d’échange au sein de l’équipe artistique pour s’imprégner du contexte de la pièce. Or, c’est le cœur du métier de metteur en scène de connaître l’œuvre dans ses moindres détails et, avec ses interprètes, eux-mêmes familiers des thématiques que l’opéra ou le ballet soulève, de travailler à rendre le contenu le plus pertinent possible pour un public contemporain. Libre à lui de jouer avec les codes de l’époque ou de s’en affranchir pour mettre en lumière les questions universelles portées par l’œuvre. Pour ce qui concerne le public, la plupart des théâtres, sur leur site comme dans les programmes de salle, offrent un aperçu de la genèse de l’œuvre, du contexte dans lequel elle fut composée et du parcours de son auteur. Des analyses d’universitaires sont accessibles en ligne pour les plus curieux et la vulgarisation des œuvres, même dans un domaine aussi spécifique que l’opéra, est très courante. L’impératif de contextualisation ne brille donc pas par son originalité et il semble que le monde du spectacle n’ait pas attendu ce rapport pour faire le constat de cette nécessité. Personne n’est dupe : « contextualiser »signifie ici se concentrer sur la question raciale. Comme si un spectateur, même novice dans le milieu de l’opéra, n’était pas à même de s’apercevoir que la société dépeinte sur scène et celle dans laquelle il vit ne sont pas similaires. Et si l’opéra propose des personnages qui ne pensent pas le monde selon les mêmes critères que nous, la réflexion ne se réduit pas seulement à la race. Pour bien des œuvres, le concept de diversité se révèle même complètement anachronique. Il n’y a pas de raison que le traitement de cette question par un compositeur bénéficie d’une analyse plus fouillée, comme si d’autres thématiques universelles qui ont permis à son œuvre de défier le temps étaient moins dignes d’attention.


Les artifices du théâtre

Ici l’opéra et le ballet divergent dans leur utilisation chromatique. Dans le premier, le public s’est affranchi depuis longtemps des critères physiques des interprètes et la question de la vraisemblance est secondaire dès lors que la voix et le jeu d’acteur sont de qualité : « Et voilà bien longtemps que nous ne sommes plus gênés qu’un chanteur âgé joue un jeune premier, ni même qu’une femme chante un rôle d’homme ». Les rapporteurs pourraient prolonger le propos en rappelant qu’un sérieux embonpoint n’a jamais empêché de jouer Vénus ou un preux chevalier. Cela est plus récent, certes, mais depuis quelques décennies, il n’est pas rare de voir des interprètes d’origines africaines ou asiatiques interpréter des rôles de bourgeois ou de vieux monarques de l’histoire européenne. Au théâtre, les artifices comme le maquillage et les costumes permettent de pallier les incohérences du physique de l’acteur avec le rôle qu’il doit endosser. Si la question du maquillage d’Othello fait débat en France, elle est injustifiée pour deux raisons. Le black face auquel on l’assimile est une pratique qui heurte les États-Unis au regard de leur histoire, mais ne trouve pas son pareil dans le théâtre européen. Sur scène, on habille le corps autant que le visage, pour le vieillir ou le rajeunir, pour le rendre noble ou misérable. Lorsqu’on ajoute une fausse bosse à Rigoletto, on ne rit pas de l’humiliation qu’entraîne une malformation physique, Falstaff le ventru ne promeut pas la grossophobie et les perruques n’ont pas pour objet de culpabiliser les chauves. Gommer les spécificités des rôles affadira les œuvres et il est fort à parier que l’arrêt du black face à l’Opéra de Paris ne changera rien à la lutte contre le racisme. Pour le ballet en revanche, la couleur a une valeur esthétique — le modèle du ballet blanc romantique — où le corps de ballet doit avoir une homogénéité, notamment chromatique. Cela engendre une remise en question plus générale de la pertinence des critères de sélection — la couleur de peau, mais aussi la taille — qui sont par nature discriminants, car ils ne reposent pas sur le talent, mais sur des caractéristiques purement physiques.

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L’impasse de la sensibilité

« Sans purger les livrets de tout ce qui pourrait être offensant (la démarche risque d’être sans fin), il est néanmoins souhaitable de tenir compte des sensibilités contemporaines en procédant aux explications et contextualisations nécessaires ». Il s’agit là d’un superbe exemple de la dialectique du « en même temps » puisque le souhait de ne pas heurter implique inévitablement une modification des œuvres, par la censure ou bien la réécriture de certains passages. La volonté de ne pas choquer peut être louable dans un dîner pour assurer une bonne entente entre ses convives. En ce qui concerne le théâtre, il faut un choix de personnages qui représentent un échantillon de la complexité des sentiments humains, même si cela peut heurter le spectateur. Choquer n’est pas une fin en soi, et si le public, heurté, ne voit pas d’autre intention de la part de l’auteur, il se détournera à raison de l’œuvre pour une autre, plus pertinente. Pour autant, prendre systématiquement en compte la sensibilité du spectateur ne peut mener qu’à une impasse artistique. Comme il existe autant de spectateurs que de sensibilités diverses, il n’est point de sujet qui fasse de mécontents et la survie de l’art est alors menacée. Mettre en scène des œuvres du passé, ce n’est pas promouvoir un modèle de société et l’amoureux de Verdi ne regrette pas la société du XIXe siècle où la hiérarchie des races était admise. Le monde actuel ne se résume pas à la question du racisme comme hier la lutte des classes justifiait tous les affrontements. Le théâtre nous invite constamment à penser contre nous-mêmes et voir les interrogations universelles de l’homme, loin des obsessions d’une époque.Auteur - Marguerite Frison-Roche


EXTRAIT

Comme tant d’autres domaines artistiques, l’opéra n’est pas épargné par les velléités diversitaires actuelles. Première victime de ces dérives : l'art. Fin de l’extrait


CONTEXTUALISER

« contextualiser » signifie ici se concentrer sur la question raciale. Cette vision navrante ou grotesque de l’art est à rapprocher des bouffées délirantes sur les opéras que nous offrent gracieusement les néo-féministes.


SOS OTHELLO

Le but, contrairement à ce que dit l’illettrée Rokhaya Diallo n’est pas de ressembler ou se substituer à un noir mais de se grimer pour incarner un rôle de théâtre.


LA MÉRITOCRATIE RÉPUBLICAINE,

est l’antithèse de l’obscurantiste discrimination positive. Merci pour tout à Jack Lang et à tout ceux qui après lui ont opté pour la discrimination positive contre la méritocratie républicaine.Ne plus enseigner la culture française, c'est remplacer le citoyen par un consommateur communautariste inculte. ( École, voir le classement PISA )Méconnaître ce qui dans l’Histoire à fait la grandeur de notre pays, c’est perdre sa dignité ou le sens de l’honneur.


L’OPÉRA EST TOUJOURS SUBVERSIF

[ Citation :

Qu'une nation ne fasse aucun effort, si elle veut, pour son bonheur, mais qu'elle ne travaille pas elle-même à sa ruine.”Étienne De La Boétie ]


Découvrir l’opéra, c’est s’opposer radicalement à la culture de l’effacement (Cancel culture) des néo-racistes, sinon des racialisés néo-féministes ou islamo-gauchistes - cela revient à vouer à l’échec leurs tentatives totalitaires de cloner les esprits faibles dans les idéologies racialisées de l’intersectionnalité ou du séparatisme islamique menaçant la citoyenneté dans notre pays :

L’enlèvement au sérail

Les noces de Figaro

La flûte enchantée

Cosi fan tutte

Don Giovanni

La Traviata

Carmen


Avant et un peu après la guerre, Berthe l’une de mes trois arrières grand-tantes de condition modeste, à onze ans elle trillait la houille en surface de la mine, adulte elle se rendait chaque fin de semaine à l’opéra de Nîmes ( tout en haut, dans le poulailler ) souventefois me disait : " Tu sais Claude, la bave du crapaud n’atteint pas la blanche-colombe ".


Comprendre l’opéra, c’est établir ou cerner une filiation dont Rokhaya Diallo ou Danièle Obono et leurs fidèles bavants sont bien incapables, puisque cela reviendrait pour eux à tenter de lire une littérature qui dépasse leur entendement, notamment de lire les étendards de la liberté dont Lucrèce, Montaigne, Étienne De La Boétie, Montesquieu, Condorcet, Olympe de Gouge, Georges Sand, Nietzsche, Albert Camus, Colette, Michel Onfray, Chahdortt Djavann, Guillaume Bigot, Céline Pina, Anne-Sophie Chazaud, Fatiha Agag-Boudjahlat, Zineb El Rhazoui ou Élisabeth Badinter...et tant et tant d’autres sachant faire la différence entre le différencialisme source de tous les abus (voire de la terreur) et l’Universel soucieux du bien commun.

 Colette

SUITE

https://laicite-moderne.blogspot.com/2018/11/la-grandeur-de-loccident.html

CRAB


mardi 24 novembre 2020

FÉMINISME UNIVERSEL

 

Cosi fan tutte, un antidote efficace pour combattre les bouffées délirantes aiguës cristallisées par les idéologies victimistes du nov-féminisme : des dé-coloniaux, de l’intersectionnalité, des indigènes de la république ou des racialisés.

Lien de redirection :

http://laicite-moderne.blogspot.com/2018/01/cosi-fan-tutte.html



mardi 3 septembre 2019

RUPTURE


CHICHE !


LE TRUBLION BIENVEILLANT.



ET LA MUSIQUE FÛT !

 
L’Art est la nature - L'animal-humain est la nature, lequel esten même temps une petite partie de la nature. CRAB

Le philosophe Karl Barth aimait à dire que " lorsque les anges jouent pour Dieu ils jouent du Bach, mais, lorsqu’ils jouent entre-eux, ils jouent du Mozart et Dieu écoute aux portes".


Dans toute l’histoire de la vie spirituelle de l’humanité, il n’y a jamais eu qu’un seul miracle, la musique. CRAB


Suite: Prodige,mais pas seulement
http://laicite-moderne.blogspot.com/2019/08/mozart-un-prodigieux-antonyme-de.html




dimanche 11 août 2019

Mozart - un prodigieux antonyme de l’enfant roi


Liminaire
Contre les mariages arrangés dans l’aristocratie: « Les nobles ne doivent pas se marier par goût ou par amour mais uniquement par intérêt, et en fonction de toutes sortes de considérations secondaires.
Il ne siérait en outre pas du tout à ces haut personnages d'aimer de surcroît leur épouse, une fois qu'elle a fait son devoir et mis au monde un gros héritier mâle ». Mozart

    L’enfant de six ans cherchait " des notes qui s’aiment"
    Devenu adulte, l’ex enfant prodigieux n‘est ni sentimental ou enclin à la sensiblerie, impertinent, espiègle, grivois, moqueur, ironique, farceur, l’homme Mozart est certes tout cela, mais le musicien est avant tout, le maître des émotions ;
    le philosophe Karl Barth aimait à dire que " lorsque les anges jouent pour Dieu ils jouent du Bach, mais, lorsqu’ils jouent entre-eux, ils jouent du Mozart et Dieu écoute aux portes ". N’est-ce pas entendre là le piu di bellissimo de tous les blasphèmes ? - vraiment de quoi alerter l’inconséquente ministre Laetitia Avia, laquelle prend son envol " En marche arrière ", étant donné qu’elle semble n’avoir pas compris l’importance de ce que représente, dans une démocratie, la liberté d’expression.

    Seul le passé est immortel, comme tout ce qui est advenu - ici, dans ce qu’il y a de plus beau, c’est la musique de Mozart qui est immortelle, laquelle est due à sa volonté de faire vivre les émotions marquées du sceau de l’universel par l’intercession d’une incomparable trilogie :
    Le piano, le goût et l’infinie science de la composition.
    La clarinette venue d’ailleurs comme une couleur d’essentiel.
    Le chant parce que il aimait les femmes et leur puissante voix de soprano.

    Au-delà des éclats de lumières avenu de la pensée de Nietzsche et cela même qu’écrira, plus tard, Freud après avoir, sans scrupule, pillé Nietzsche, Mozart, de par sa qualité artiste ne fut pas seulement le premier de tous les musiciens devenu indépendant – une fois débarrassé de l’emprise du prince-archevêque Colloredo qui le traite de voyou et de crétin, il sera celui du nouveau par qui l’inconscient, pour la première fois, fut introduit dans la musique :
    Zerlina chante " Là ci darem la mano ", sa voix laisse sensiblement entrevoir qu’elle n’est peut-être pas totalement séduite par Don Juan, mais qu’il glisse subrepticement sa main sous sa jupe. CRAB

    Suite : Mozart, la musique, les femmes... 
    https://laicite-moderne.blogspot.com/2016/01/qui-sont-les-femmes_24.html

Suite 2 :Cosi fan tutte


jeudi 1 août 2019

Offenbach



Au début de cette année de bicentenaire la rédaction de forumopera.com m’avait confié une tâche délicate mais palpitante.  Il s’agissait en effet d’ouvrir un dossier scabreux : Offenbach et le sexe ! La période estivale étant propice aux découvertes en ce domaine, je me suis plongée dans les différentes biographies du compositeur*.  A bien y regarder, quelle ne fut pas ma déception de constater qu’il y avait un monde entre l’existence assez plan-plan de notre musicien, les débordements de fric et de luxure de son époque, particulièrement dans les milieux du théâtre et de l’opéra, enfin l’apparente gaudriole amorale de la quasi-totalité de ses œuvres qui lui valut le titre alléchant de « grand corrupteur ».

Retour à l'enfance
Il faut toujours retourner à l’enfance pour comprendre comment un individu adulte appréhendera plus tard sa vie amoureuse et sensuelle.
Quand on sait que notre Offenbach est né Jacob Eberst dans une famille juive originaire d’Offenbach sur le Main, la première tentation est d’imaginer une jeunesse marquée par des prescriptions talmudiques rigoristes. En fait, il n’en fut rien. Certes son père Isaac Juda Eberst jouait dans les synagogues mais la plus grande partie de son activité professionnelle consistait à manier le violon dans les tavernes. Il était d’ailleurs excellent musicien et pratiquait également le piano, la guitare, la flûte, chantait et composait. On pourrait aujourd’hui le qualifier de juif libéral, plus soucieux d’animer des bals et des cabarets que de pratiquer l’exégèse de la Torah. Ses dix enfants sont priés d’apprendre la musique et le septième, Jacob, est particulièrement précoce. Isaac ne s’encombre pas de principes : le gamin a à peine 8 ans que son père décide de former un trio avec son frère Julius et sa sœur Isabelle pour les exhiber dans les brasseries ou au Carnaval de Cologne. On a connu plus relevé comme milieu susceptible d’inculquer les bonnes mœurs…

Le père Eberst ne va pas s’arrêter là et décide de partir pour Paris accompagné de Julius et de Jacob qui n’a que treize ans. Il mise sur les extraordinaires dispositions de l’enfant et réussit à le faire entrer dans la classe de Cherubini au Conservatoire. Pendant quelques mois, il assure la subsistance des deux adolescents et un beau matin, repart pour Cologne, laissant ses fils dans une soupente et priés de gagner leur vie ! On imagine les deux frères, 14 et 18 ans, sans un sou et livrés à eux-mêmes dans un pays étranger. Eurent-ils l’opportunité alors de commencer leur initiation sentimentale auprès de quelques grisettes ? Probablement, car à l’évidence quand le chat – le père en l’occurrence – n’est pas là, les souris dansent…

Jacob devenu Jacques abandonne les cours du Conservatoire qui ne lui apprennent plus rien, ses talents de violoncelliste seront son gagne-pain. Il y déjà une chose qu’il sait c’est qu’il veut travailler dans un théâtre et pas n’importe lequel, l’Opéra-Comique. Il y est enfin engagé après deux courts passages dans d’autres orchestres et entre de plain-pied dans ces antres du stupre et de la fornication que sont alors les maisons lyriques, l’Opéra de Paris en premier lieu. Pour autant, les anecdotes rapportées par les contemporains ne font pas état d’un jeune homme obsédé par les conquêtes féminines. Non, ce qui intéresse Offenbach, c’est de composer et de rencontrer ceux qui font et gèrent l’opéra, compositeurs et directeurs. Pour le reste, il se comporte comme un joyeux drille, une sorte de « monsieur petites blagues » jamais à court de facéties d’un goût parfois douteux. Mais toujours pas de sexe, décidément.

Herminie vaut bien une messe
Les dieux de l’amour vont se personnifier en la personne du compositeur de Martha,Friedrich von Flotow, un compatriote éminemment plus argenté et venu lui aussi poursuivre sa formation musicale à Paris. Cet aristocrate fréquente les salons mondains, friands de divertissements musicaux. Emu par l’impécuniosité de son camarade, Flotow lui propose de l’introduire chez ses riches amis. Et bingo, leur première prestation conjointe se déroule chez madame Bertin de Vaux qui sera pour Offenbach une véritable protectrice dans sa vie sentimentale et musicale. Il court dorénavant les réceptions où ses talents de violoncelliste font merveille. C’est ainsi qu’un soir, il entre dans le salon d’une belle espagnole, très riche de surcroît, madame Mitchell, mère de deux enfants issus de son premier mariage avec un certain monsieur d’Alcain, Herminie et Pepito. Herminie a seize ans et les dragueurs impénitents savent bien qu’il n’y a rien de tel pour « emballer » que de jouer d’un instrument ! Non seulement, Jacques joue, chante, compose des ariettes charmantes qui sont autant de roucoulades destinées à l’adolescente. Herminie tombe follement amoureuse du grand échalas qui la regarde comme le fruit défendu. Certes, madame Mitchell n’est pas franchement enthousiaste de voir sa fille s’amouracher d’un musicien de vingt ans, à l’avenir improbable, sans fortune, juif et allemand. Dans le Paris du XIXe, cela faisait beaucoup. Il arrive toutefois que les contes de fées se réalisent et que le pauvre hère épouse la princesse. Deux obstacles sont sur sa route, l’un pécuniaire, l’autre religieux. Jacques Offenbach ne va pas s’encombrer de pareilles vétilles. Il entreprend une tournée de concerts comme violoncelliste d’abord en Allemagne puis en Angleterre. Il joue alors avec les plus grands comme Mendelssohn ou Julius Benedict. Le voilà renfloué sur le plan financier, il ne lui reste plus qu’à abjurer sa religion juive et à se faire baptiser avec la comtesse de Vaux comme catéchiste puis comme marraine. Si Paris valait bien une messe, les beaux yeux d’Herminie valait bien la même chose !

Le mariage fut célébré le 14 aout 1844 et pendant vingt ans, le ménage affronta les bons et les mauvais moments de l’existence sans coups de canif notables dans le contrat, alors que les tentations ne manquaient pas. La conjugalité avait réuni l’amour, le sexe et la solidarité. André Tubeuf, qui voue une grande admiration à Offenbach, le décrit dans son Dictionnaire amoureux de la musiquecomme « rangé, un peu popote, avec de la morale et des mœurs, mari empressé et fidèle, fier de sa tribu d’enfants, quatre filles et un fils… Son cinq à sept galant sera de se reposer conjugalement chez lui en pantoufles ».  C’est beau comme du Delly.

Zulma au pied de rose
Tout cela était trop beau effectivement pour durer éternellement et Cupidon prend souvent les traits du démon de midi, en l’occurrence d’une chanteuse dénommée Zulma Bouffar. Le compositeur la rencontre lors de son voyage annuel dans la ville d’eau allemande de Ems**, séjour qui lui permet de promouvoir ses œuvres et de soigner des douleurs qu’il prend pour des rhumatismes alors qu’il s’agit de crises de goutte qui le laisseront impotent à la fin de sa vie. Zulma en cette année 1863 chante au petit théâtre du Casino d’Ems. Blonde aux yeux bleus, les rares photographies ne lui rendent pas vraiment hommage mais elle devait avoir un charme fou et Alphonse Daudet pût écrire à son propos ces vers contestables :

Plus douce que le nénuphar
Dans l’eau claire, une aurore blanche
Baise ton pied de rose et ta hanche
Ivoirine, Ô Zulma Bouffar

Je laisse à nos lecteurs le soin d’apprécier ce quatrain à sa juste valeur…

A la suite d'un pari, Offenbach monte à Ems en huit jours une opérette « alsacienne », Lieschen et Fritzchenet confie le rôle de Lieschen à Zulma, bonne manière de s’attacher la femme et la chanteuse. Leur liaison débute aussitôt, va durer jusqu’à la mort d’Offenbach qui lui donnera deux enfants et en fera l’héroïne de pas moins de treize de ses créations, dont La Vie parisienne ou encore Le Roi Carotte, Les Brigands, succès qui lui vaudront le surnom de « La Patti de l’opérette ».

Les deux femmes de Jacques Offenbach lui seront fidèles, lui survivront chacune dans un rôle archétypal, Herminie dans celui de l’épouse officielle, gardienne du temple familial et Zulma dans celui de la maîtresse de l’ombre, interprète dévouée de l’amant génial.

Oui, voilà la vie parisienne
Vous reconnaîtrez à ce stade de mon propos que présenter Offenbach comme une bête de sexe est une incongruité, il ne mérite ni cet honneur ni cette indignité. Il n’était « drogué » qu’à une seule chose : son travail. Partout et même au théâtre, au restaurant, en fiacre, on le voyait couvrir les portées de notes qui semblaient d’illisibles pattes de mouche. Jacques Offenbach disait de lui qu’il avait un vice terrible, inavouable, celui de toujours travailler. Il ne fut jamais un viveur sensuel, mais un être pétri de sensibilité et de compassion, bien trop généreux pour considérer les femmes à l’aune de son bon plaisir comme, hélas, tant de ses contemporains.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes de son existence puisque c’est en effet dans un pandémonium de fêtes et de plaisirs que la famille Offenbach arrive à Paris en 1832. Partout ont surgi des théâtres, des cafés, des bals, des concerts en plein air, des salles de jeux, comme si la Monarchie de Juillet avait levé les inhibitions des rigueurs de la Restauration. Partout du Boulevard du Temple au Boulevard des Italiens, du Jardin Turc au café Tortoni, les gandins friqués n’hésitent pas à passer des tables luxueuses aux beuglants interlopes où l’on se déchaîne sur une nouvelle danse importée par les soldats de retour d’Algérie, le « chahut » qui deviendra bientôt le cancan. Les théâtres organisent des bals masqués où les classes sociales et les corps se mélangent de façon effrénée. Guizot a dit à la bourgeoisie : enrichissez-vous ! Elle a bien suivi son conseil et l’argent dégouline dans une exhibition obscène. Les innovations industrielles font vaciller les anciennes puissances de l’Eglise et de l’aristocratie. C’est sans doute à l’opéra que la liberté des mœurs atteint son acmé. Les ballerines et les cantatrices sont un gibier pour les membres du Jockey Club, le marquis de Hallays-Coëtquen montre dans sa loge à qui veut la voir sa collection pornographique et le docteur Veron, le directeur de l’Opéra de Paris fait servir à ses invités un gigantesque plat de salade entourant – non pas des homards – mais une danseuse nue. Tout s’accélère sous le Second Empire avec le règne des prostituées de haut vol, les courtisanes qui organisent la vie mondaine et culturelle autour des leurs extravagances. Les prostituées plus communes, celles qu’on appelle les lorettes jouent gratuitement les figurantes dans les théâtres dont la scène constitue ainsi une vitrine de racolage. La presse vit elle aussi une mutation profonde, mélange l’information dure avec les feuilletons, la publicité, les chroniques de mode et les critiques de spectacles. Là aussi, la finance a pris les commandes et l’infotainmentne date pas d’aujourd’hui. C’est dans cette ambiance frelatée que Jacques Offenbach vit et compose. Il n’est pas alors étonnant qu’il en ait été éclaboussé et que certains l’ait présenté comme le débauché qu’il n’a jamais été.

Ni mépris, ni servitude
Les œuvres majeures d’Offenbach ont aussi accrédité ce contre-sens. Il est impossible de faire ici l’analyse complète des plus de 70 ouvrages lyriques répertoriés (sans compter évidemment des dizaines d’autres introuvables ou détruits). Pour ne parler que des six les plus connus, Orphée aux Enfers, La Belle Hélène, La Vie parisienne, la Grande-Duchesse de Gerolstein, La Périchole et Les Contes d’Hoffmann, il est certain que la sensualité y est toujours présente et même l’érotisme comme dans le duo de l’acte II de La Belle Hélène. La soif de jouissance y est analysée avec lucidité dans Orphée aux enferset les liens du mariage y apparaissent comme une pure convention sociale destinée plus à l’asservissement qu’à l’épanouissement des conjoints. Pour autant, cette trépidation sensuelle n’est jamais vulgaire et encore moins libidineuse. De la même façon, la puissance de l’argent est mise en exergue avec une lucidité dérangeante. Quand dans sa fameuse lettre, la Périchole explique à son chéri qu’elle l’aime mais qu’elle a trop de malheur et qu’elle meurt de faim, des esprits mauvais y ont vu une vénalité affichée, pour ma part, j’y vois de la dignité et l’aveu sans fard que la dépendance économique que subissent les femmes les prive de leur libre-arbitre amoureux. La satire sociale est partout présente mais avec une verve irrésistible dans La Vie parisienne : tout y est, Metella la courtisane, les aristocrates oisifs et débauchés, les domestiques manipulateurs, les étrangers naïfs qui viennent se faire plumer à Paris, capitale de la ribouldingue la plus insensée. Il n’y a aucune bienveillance dans le livret de Meilhac et Halévy, mais la description clinique d’un monde qui roule à grandes guides vers l’abîme. La satire politique est d’une violence masquée opportunément par une gaité souvent factice que ce soit dans Orphée, La Belle Hélène ou dans cette Grande-Duchesse de Gerolstein qui se croit tout permis puisqu’elle règne. Mais l’Opinion Publique rappellera à Jupiter – tiens, tiens – : « c’est l’honneur qui t’appelle et l’honneur passe avant l’amour ».

Jacques Offenbach a été un homme de son époque mais il ne doit pas y être confondu. Il y a trouvé des récompenses et des honneurs, certes, mais il n’en a pas été dupe. C’est à cette aune qu’il faut évaluer sa relation avec le sexe, ni mépris ni servitude. En cette fin du XIXe siècle, il va décrire dans Les Contes d’Hoffmann de façon poignante la condition des femmes qu’il a toujours considérées avec une respectueuse tendresse.
Au-delà de la mort, la dernière phrase des Contes résonne pour lui rendre justice : « Renais, poète. Je t’aime Hoffmann. Appartiens-moi. »

*La meilleure publication sur le contexte historique de la vie d’Offenbach est sans doute celle de Siegfried Kracauer Jacques Offenbach ou Le secret du Second Empire traduite de l’allemand et parue en 1937. Vous l’accompagnerez par la biographie monumentale de Jean-Claude Yon ou encore l’ouvrage classique de Robert Pourvoyeur. Une excellente « mise en bouche » a été écrite l’année dernière par le chanteur Jean-Philippe Biojout. Malgré quelques erreurs factuelles, le livre – court, 176 pages – se lit d’une traite et a l’avantage de bien résumer les intrigues complexes des livrets.
** Certains auteurs assurent que la première rencontre eut lieu à Hombourg en Sarre où Zulma donnait des spectacles de chansons françaises un peu lestes. Peu importe finalement.
Par Roselyne Bachelot-Narquin - jeudi 01 Août 2019

Réaliser un féminisme libertin
L'infidélité, c'est la sincérité qui se déplace - Suite :